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juillet 2012

Avec S-Money, la révolution est aussi pour les commerçants

S-Money est le nouveau service de paiement mobile proposé par le groupe BPCE. La promesse pour l'utilisateur final : un paiement instantané, sûr et gratuit. Un paiement de personne à personne, un paiement pour régler un professionel en mobilité (plombier, livreur ou prof particulier...), un paiement chez un commerçant ou un paiement sur un site internet. Voir les situations illustrées dans la video de démonstration.


Une Nième initiative sur le marché du paiement mobile ? Certainement. Mais je retiens quelques différences clés dans ce lancement.

Une stratégie de déploiement à l'opposé de celle du concurrent Kwixo qui a misé sur une campagne de communication massive via les grands médias. S-money prévoit un déploiement progressif qui correspond à l'absence de certitudes des créateurs sur l'évolution du marché et sur la rapidité de diffusion des nouveaux usages de paiement par mobile. Après le test d'une version beta, la solution sera déployée sur 4 grandes villes (Nantes, Bordeaux, Rennes et Toulouse) puis généralisé en 2013 : l'objectif est de capitaliser sur le feedback des premiers utilisateurs.

Selon moi, l'annonce importante du lancement est la mise à disposition de modules de connaissance et d'animation de la clientèle pour les commerçants. Ces services sont essentiels car ce sont les commerçants qui vont faire la rentabilité du modèle : ce sont eux qui paient. La gratuité s'impose pour les particuliers pour assurer une adoption rapide. Ce qu'ont compris les créateurs de S-Money, c'est que pour faire payer un service, il faut apporter de la valeur. Le tarif équivalent à celui de la carte bancaire n'est pas suffisant car le paiement par mobile n'est pas plus rapide, plus sûr ou plus simple que le paiement par carte. Il faut donc que le commerçant soit convaincu qu'il fera plus de chiffre d'affaires avec les clients qui paient par mobile : lui proposer des outils pour exploiter les données de paiement et augmenter le RFM des achats de ses clients est donc très astucieux.

Jamais ces données n'ont été exploitées par les banques françaises qui se sont toujours refusé à le faire au nom de la confidentialité. Mais les données sont bien là. Les gigantesques entrepôts de données contenant tous les paiements auraient déjà pu être utilisés au profit des commerçants et positionner le banquier comme accélérateur de commerce. Le mobile sera peut être un point de rupture par rapport à ce principe d'utilisation des données de paiement.


La Banque Postale travaille sa rentabilité

Banque_postaleLe dernier rapport de l'Observatoire de l'épargne réglementée rappelle le rôle particulier que joue la Banque Postale dans le paysage bancaire français :

"La Banque Postale joue un rôle important dans la lutte contre l’exclusion bancaire par son action en faveur de l’accès du plus grand nombre à des services bancaires. Sur plus de 26 millions de clients en France qui détiennent au moins un produit ouvert dans ses comptes, près de 2 millions sont en situation de fragilité financière."

Si la Banque Postale s'acquitte parfaitement de sa mission pour rendre accessible les services bancaires aux plus démunis, cela ne l'empêche pas d'être attentive à sa rentabilité comme le montrent ses dernières initiatives en terme de tarification :

  1. Nouvelle commission pour retraits déplacés ;
  2. Nouvelle commission pour comptes dormants ;
  3. et maintenant : modification de la date du différé.

Les associations de consommateurs protestent mais la banque maintient sa stratégie au risque de perdre son image de banque "pas comme les autres". La logique "groupe" semble prévaloir alors que le chiffre d'affaire de l'activité principale, le courrier, décline régulièrement.


Nouveau : la Black Card Trace Mastercard de chez PCS Mastercard

"Le groupe de média TRACE et PCS MASTERCARD® s’associent pour lancer la carte de paiement prépayée « Black Carte TRACE » affiliée au réseau MasterCard.  Commercialisée dès le lundi 09 juillet prochain au prix de 14,90 euros, elle est disponible dans les bureaux de tabac. La Black Carte TRACE permettra à ses acheteurs de bénéficier d’avantages exclusifs : invitations aux concerts privés TRACE, rencontres avec les artistes, cadeaux… Soprano, le rappeur au plus de 1 700 000 fans sur FaceBook, sera l’ambassadeur de la Black Carte TRACE."

Black_carte_Trace_Mastercard
En recevant cette information, j'ai voulu comprendre quelle était la cible et le modèle de ces cartes prépayées sans engagement, ni compte bancaire, ni documents.

Les cartes permettent de réaliser des achats en magasin ou sur internet, de retirer de l'argent au distributeur, ou de partager de l'argent avec des proches. La cotisation est accessible (une quizaine d'euros), mais des frais élevés sur les rechargements (jusqu'à 7%), les retraits (1 €) ou des frais de gestion rendent le produit particulièrement cher. Aucun justificatif n'est demandé à la souscription : pas de compte bancaire, aucun justificatif d'identité.

La cible de ces cartes est donc constituée de personnes qui ne peuvent pas avoir de compte bancaire (les interdits bancaires - 1,6 M de français) ou pour qui l'ouverture d'un compte ne présente pas suffisamment d'avantages par rapport à la complexité de la procédure (touristes, personnes de passage), sans oublier ceux ne veulent pas voir leurs opérations tracées sur un compte bancaire (les escrocs).

Les jeunes ciblés par cette nouvelle carte en partenariat avec la chaine TV TRACE disposent d'offres très attractives dans les établissements bancaires traditionnels. Le lancement de cette nouvelle Black Carte Trace semble indiquer que les clients interdits, sans papiers, ou de passages se recrutent également parmi les jeunes.

En tout cas, grâce à ta Black Carte Trace, c'est sûr, tu seras plus SWAG !

 


Seul 1 français sur 5 considère son banquier comme un partenaire

ING Direct a interrogé les français sur le rôle de l'argent dans la réalisation de leurs projets. Au delà de l'analyse de leurs aspirations, l'étude montre que les efforts de reconquête menés par les banquiers ne sont toujours pas couronnés de succès : la banque est vécue comme un passage obligé pour 38% des répondants et n'est perçue comme une solution que pour 22% d'entre eux et comme un partenaire pour 20%.

Autres points clés de l'étude :

  • La crise et les incertitudes les poussent à se recentrer sur leur famille, leurs proches et leur intérieur pour 81% des personnes interrogées ;
  • Si ils avaient le choix entre davantage de temps et d'argent, ils choisiraient l'argent à 61% ;
  • Le tabou de l'argent typiquement français est davantage un tabou de l'épargne : 64% des français evitent d'évoquer l'argent qu'ils mettent de côté alors qu'ils parlent beaucoup plus librement de leurs dépenses courantes (86 %) de leurs mensualités de crédit immobilier (79 %), de crédit à la consommation (66 %) ou de leurs revenus (64 %).

Étude réalisée online du 29 mars au 2 avril 2012 pour ING Direct auprès de 2025 individus âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population française. En deux études : une étude qualitative sous forme de blogs et une étude quantitative.