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octobre 2015

S-money, la Fintech interne du groupe BPCE, acquiert LePotCommun.fr

Smoney-part
Lentement mais surement, S-money, la start-up spécialisée dans les nouveaux modes de paiement, tisse sa toile.

Après avoir réussi médiatiquement en étant le 1er acteur à réaliser un paiement sur Twitter, Smoney est en pleine conquête du monde étudiant grâce à sa solution Izly et se développe en offrant sa capacité d'encaissement pour compte de tiers notamment des marketplaces, des plateformes de crowdfunding ou des sites de ecommerce.

Avec 1 million de comptes de monnaie électronique, S-money est passé de quelques milliers de transactions par an en 2012 à 200 000 transactions traitées par jour en 2015. BPCE prouve ainsi qu'elle peut accueillir en son sein une start-up en conservant son savoir faire et son énergie.

De son côté, LePotCommun.fr veut simplifier les dépenses à plusieurs depuis 2011 : anniversaires, mariages, restaurants, naissances, pots de départs...

Le développement de l'entreprise est très rapide grâce à la viralité du concept : 1 pot rassemble 12 personnes parmi lesquelles 3 referont un pot par la suite. 2 millions d'utilisateurs ont déjà fait appel au service.

Bpce_s-money_lepotcommunfr_fintech

Après avoir longuement collaboré, SMoney et LePotCommun ont décidé de faire converger leur trajectoire pour former un leader du paiement communautaire en France et en Europe.

Smoney acquiert 85% du capital de LePotCommun.fr et montera à 100% dans les prochaines années. LePotCommun.fr bénéficiera ainsi des moyens du groupe BPCE pour améliorer son service et accélérer son développement international.

Questionnés sur la coincidence de l'annonce quelques semaines après le rachat de Leetchi par le Crédit Mutuel Arkea, les responsables du PotCommun.fr tiennent à souligner la différence entre les 2 entreprises dont les volumes de business sont très proches alors que les levées de fonds sont très éloignées (200 000 euros pour LePotCommun.fr contre 6 millions pour Leetchi).

Quant à la direction de BPCE, elle assume le rachat du PotCommun.fr par sa start-up interne Smoney. BPCE aurait certainement les moyens de concevoir les mêmes services, en revanche, elle ne serait pas capable d'intégrer l'énergie, la créativité et le goût d'entreprendre de la structure. Les forces du groupe bancaire sont à rechercher sur d'autres points : sécurité, qualité, fiabilité.


Retour sur le déjeuner débat sur l'avenir de la banque avec Benoit Legrand - Head of Fintech ING

Il y a quelques jours, j'ai été invité par le Cercle LAB (Laboratoire Assurance Banque) à un déjeuner débat très intéressant sur l'avenir des services financiers.

L'invité de marque était Benoit Legrand, très récemment nommé Head FinTech pour le Groupe ING au niveau mondial et Président d'ING Bank France.
 
Auteur du livre "Changer la Banque", Benoit Legrand nous a fait part de ses convictions sur l'avenir du secteur bancaire, sur la transformation digitale oblige les banques à accélérer le rythme du changement et sur le rôle des Fintech dans cette transition.
 
Changer_la_banque_benoit_legrand_ing_direct
 
Le constat de la situation des banques est sans appel : le poids des réseaux d'agences est insupportable à long terme. Dans les banques de réseau, les coûts sont constitués à 60% par des frais de personnel plus 10% de frais d'immobilier alors que les agences n'ont plus les faveurs des clients. La proportion de ceux qui visitent leur agence est passée de 62 à 17% en quelques années. Et quand ils s'y rendent, c'est dans 86% des cas pour des "servitudes" et non pour du conseil qui ne représente que 16% des raisons des visites à leur conseiller.
A côté, des Fintech et des banques en ligne parviennent à délivrer un service identique pour 5 fois moins cher ! 
Comment donc font les banques traditionnelles pour conserver une telle part de marché ?
Elles profitent de la phobie administrative des français ! Les concurrents des banques en ligne sont les français eux-mêmes et leur inertie au changement.
 
Pour l'avenir, Benoit Legrand est convaincu que les français fragmenteront leur relation avec plusieurs partenaires financiers en fonction de la performance de chacun d'eux : sur le paiement, sur l'épargne, sur le crédit. Il y aura besoin d'une couche d'agrégation pour avoir une vue unique de sa situation. Sur la façon dont le passage entre les deux monde va se passer, il n'a aucune certitude : le temps ou l'on pouvait faire des plans à 5 ans est révolu ! Plutôt que de créer des directions digitales, il suggère de "greffer" le digital dans l'esprit de chaque collaborateur et de pratiquer le mode agile à tous les niveaux.
 
Sur son rôle de Head of Fintech, Benoit Legrand vise en premier lieu à fluidifier les échanges entre toutes les entités du groupe qui innovent déjà beaucoup. Le partage des initiatives entre filiales doit permettre d'accélérer la transformation digitale du groupe. Un budget de 100 M d'euros pour investir dans les start-ups est prévu. Les investissements seront peu nombreux et guidés par une vision de "bon père de famille" à horizon 10/15 ans. L'humilité est de mise dans le domaine : ING a détenu 11% de Paypal il y a quelques années et a revenu sa participation au plus mauvais moment avant que les cours n'explosent (le manque à gagner n'a été que de 4 Milliards !).