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mars 2016

Blockchain : vers la fin des banques

Mieux vaut tard que jamais...

J'ai assisté le 14 janvier dernier à la conférence Big Bang Blockchain organisée par Blockchain France à l'ESCP. Je retranscris les quelques notes que j'avais prises sur la table ronde qui traitait du sujet "Vers la fin des banques !".

Quels enjeux, quelles opportunités et quels dangers pour les banques ?

  • Pour les banques, il y a plus de dangers que d’opportunités. Dès qu’on a un monopole, il n’y a que des risques.
  • Pour les transferts et pour garder son argent, on peut se passer de banque ! La Blockchain, c’est décentralisé et ça vise la désintermédiation.
  • La banque conserve sa vraie fonction sur le crédit (transformation de la maturité des encours).
    • Pour le paiement, le monopole n’existe plus depuis 2009. La Blockchain peut être une réponse au défi de la fraude (entre 250 et 500 milliards) mais il faudra permettre de payer avec le même niveau de service que le système actuel (instantanéité, mondial, fiabilité).
  • La Blockchain est l’uberisation ultime. Les plateformes type « uber » nécessitent des ressources importantes et prennent de belles commissions. Il est probable que les uberisateurs vont se faire uberiser, que de nouveaux acteurs vont émerger et écraser les coûts.

Est-il possible pour des acteurs de réutiliser la technologie Bitcoin en se différenciant des consortiums existants et de l’idéologie associée ?

  • Le Bitcoin sera-t-il entravé par son côté sulfureux voire scandaleux (Dr Bitcoin et Mr Blockchain) ? Non, car il y a un potentiel technologique énorme. En revanche, il y a des contraintes comme la vitesse. C’est le début de l’aventure. Il ne faut pas diaboliser le Bitcoin : il marche, est utilisé, a produit de la valeur et n’est pas encore mort !
  • Le Bitcoin se développe quand il y a beaucoup d’inflation, quand les monnaies ont des pb (pays d’Amérique du Sud) ou quand il y a des contrôles des changes ou par un effet « cool ».
  • Swift coûte 4% des transferts : l’intérêt est évident.
  • Le Blockchain privé a un intérêt mais pas aussi important que le public. Pour retarder l’échéance, il est probable que les banquiers tentent de construire des systèmes privés.

Quelles sont les problématiques d’implémentation dans les services financiers ?

  • C’est une opportunité de repartir à 0 et d’assurer l’interopérabilité entre tous les acteurs. C’est plutôt simple au niveau opérationnel. Mais il faut remplacer les SI existants (il y a de la résistance).
  • Si la technologie touche tout le monde, les banques iront (comme Skype a abandonné sa techno propriétaire pour l’open source RTC embarqué dans firefox).
  • Collaboration avec de grands acteurs => formation, échanges etc et qq expérimentations, POC => Time stamping, certification avec la caisse de dépôt, certification des diplomes avec Vinci, tenir le registre de titres.

*Moneytis = le service propose de rendre les transferts à l’étranger moins cher. L’usage des services actuels est frustrant, agaçant et cher. Moneytis est le « booking.com » des solutions de transferts. Moneytis indique être 3 fois moins cher que Transferwise qui est 3 fois moins cher que les banques.

 

L'ensemble de mes notes sur l'événement sont ci-dessous :


Bankruption, ouvrage de Kéa & Partners sur transformation du monde bancaire.

Mal-aimée des consommateurs, menacée d’uberisation, sous pression du régulateur, la banque reste un rouage indispensable de la société. Avec Bankruption, Kea&Partners a voulu présenter son analyse des enjeux auxquels doivent répondre les banquiers pour refondre leur modèle.

Bankruption

Confrontées à des citoyens en quête de sens et qui remettent en cause toute forme d’autorité, à une rentabilité en berne, à la vague du digital qui remet en cause l’organisation des réseaux mais aussi des back offices, les banques de détail sont invitées à privilégier l’expérimentation. Le modèle cible de la banque de demain n’étant pas connu, il faut favoriser l’innovation et apprendre des probables échecs pour construire progressivement la banque de demain.

Parmi les pistes proposées dans l’ouvrage : une plus grande collaboration avec les parties prenantes (salariés, clients, start-up, associations, régulateur…), ou l’évolution des pratiques de management pour permettre aux collaborateurs de participer à la création de la banque de demain.

Quoi qu’il en soit, la responsabilité sociale de la banque et plus largement l’éthique devront être au centre de la démarche stratégique menée par les banquiers.